jeudi 1 septembre 2011

Histoire Napoléon III




Napoléon III 1863

Le 9 janvier 1873, mourait en Grande Bretagne, Napoléon III.
Détesté des uns, adulé des autres. Aucun Chef d'Etat français n'aura autant été critiqué, calomnié, tourné en dérision par les caricatures parues dans les tabloïdes de l'époque.
Pour beaucoup d'entre nous, c'est le Prince-Président, le Coup d'Etat du 2 décembre 1851, le développement industriel de la France et, enfin, la défaite de Sedan. Certains évoqueront l'aménagement de Paris et d'autres les « Folies Offenbach ».


Napoléon III, c'est, certes, tout cela ; mais, c'est aussi pêle-mêle, le rattachement de la Savoie et du Comté de Nice à la France, le droit de grève, le progrès de l'instruction publique, le suffrage universel et une véritable politique sociale.Une histoire grandiose
Loin du portrait du gouvernant autoritaire, prônant l'ordre moral et « mesurant » la liberté de la presse, qui était vraiment Louis-Napoléon Bonaparte ?

Fils de Roi, neveu d'Empereur, premier Président de la République et dernier souverain régnant de notre histoire. Figure majeure du 19ème siècle, il en incarne l'esprit, la diversité, les contradictions.
Homme de réflexion et d'action, romantique et réaliste, autoritaire et libéral, apôtre de la paix et fauteur de guerre. Complexe, il a longtemps été incompris.



Le 20 avril 1808, au Château des Tuileries, à Paris, Hortense de Beauharnais, fille de l'Impératrice Joséphine, met au monde un petit garçon : Charles Louis-Napoléon. Son père, Louis Bonaparte est Roi de Hollande.
La défaite de Waterloo et l'exil de son oncle à Sté Hélène va forger la destinée du jeune homme.
La loi du 1er janvier 1816, bannissant tous les « Bonaparte » du territoire français, lui fait connaître son premier exil. Sa mère, la Reine Hortense, s'installe en Suisse avec ses deux fils . Elle y élèvera ses garçons dans le culte de leur oncle et dans la certitude de la vocation dynastique.
Volontaire, passionné, peut-être même, un rien aventureux, il participe très jeune à des actions politiques.

Il élabore un programme politique et organise des réseaux, en France, en vue de sa prise de pouvoir.

Il reprendra les grandes lignes de ce programme, basé sur le césarisme démocratique dans « Les Idées Napoléoniennes » parues en 1839.
Si cette tentative est un échec, elle a cependant fait connaître le Prince Louis-Napoléon, héritier du bonapartisme.


Mais le Prince ne reste pas longtemps outre-Atlantique. Dès 1838, il rentre en Europe et se réinstalle en Suisse, au château d'Arenberg.

Louis-Napoléon Bonaparte décide de se présenter aux élections de juin 1848.
Cinq candidats entrent en lice : Cavaignac, Lamartine, Ledru-Rollin, Raspail et… Louis-Napoléon Bonaparte.

Ce dernier apparaît, aux yeux de ses rivaux, trop insignifiant pour être dangereux. Le résultat du scrutin leur prouvera le contraire.
Le Prince est élu avec près de 75 % des suffrages (5 464 000 voix), issus principalement du Parti de l'Ordre.


2 décembre 1851 : soit 47 ans, jour pour jour après le sacre de Napoléon 1er, la France, en se réveillant, apprend par voie d'affiches, « au peuple » et « à l'armée », la dissolution de l'Assemblée et du Conseil d'Etat, le rétablissement du suffrage universel et la convocation des électeurs en vue d'un plébiscite.
La transformation de Paris en grande capitale européenne et mondiale est confiée au Baron Haussmann. Elle va modeler le visage du Paris du XXème siècle.Napoléon III s'est toujours intéressé à la condition ouvrière.
Pour venir en aide aux plus démunis, des mesures d'assistance sont mises en place. Les premiers systèmes de retraite et d'assistance-handicap voient le jour.
La création de crèches et de maisons de retraite complète cette politique sociale.
Enfin, pour permettre à ceux qui travaillent dans les usines de posséder un logement décent, les cités ouvrières sont construites.





L’Empereur souffre d'une maladie urogénitale, « la maladie de la pierre » comme on l'a nommé alors (dont les causes sont de douloureux calculs). Abruti par l'absorption massive de l'opium qui soulage ses douleurs, il devient de plus en plus influençable et abandonne petit à petit le pouvoir à son entourage.



En mars 1871, l'Empereur déchu s'exile en Angleterre. Il rêve encore d'un coup d'état, mais une opération de la vessie met fin à ses projets.
Le 9 janvier 1873, Louis-Napoléon Bonaparte meurt à Chiselhurt (aujourd'hui Browley).



Durant des décennies, on mit l'accent sur les méfaits du second Empire, soulignant notamment l'autoritarisme du « despote médiocre et sans scrupules », dixit Victor Hugo.
Il faudra attendre un siècle et le Général de Gaulle pour que l'élection du Président de la République se fasse, à nouveau, au suffrage universel.



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