lundi 28 mars 2011

Portrait du signe du Capricorne homme et femme

Portrait de l'homme Capricorne
Le Capricorne naît pendant la nuit la plus longue de l'année : toute sa vie restera marquée par le froid. C'est une maison le jour de Noël : portes closes, fenêtres calfeutrées, rideaux tirés ; on ouvre le moins possible pour éviter les courants d'air... Dehors la terre est froide et sèche : toute l'eau est gelée, il n'y a plus ni feuilles ni fleurs... Ainsi est l'homme qui vient au monde fin décembre début janvier : un être sérieux, dépouillé de toute frivolité, qui n'aime que l'essentiel. Ni fleurs ni feuilles... mais des couronnes ! L'empereur Auguste, Charles Quint, la Grande Elisabeth, Staline, Adenauer et Mao (Capricorne ascendant Capricorne!), bref, un nombre impressionnant de têtes couronnées (légalement ou non) sont de ce signe, souvent marqué par l'ambition. Voyez aussi les Mémoires de ce délicieux snob de Saint-Simon, Capricorne du Grand Siècle. Tout est là : grandeur, vertu, secret persévérance, perspicacité...

Le Capricorne partage avec le Scorpion la patience des graines qui germent pendant tout l'hiver. Cet acharnement souterrain lui donne les moyens d'aller très loin : il peut s'imposer les pires « Longues Marches » pour arriver à son but ! Et si vous croisez un jour un iceberg, dites-vous que c'est un Capricorne : dur et pur, très haut au-dessus de la mer des sentiments humains ! Mais dites-vous aussi que ce n'est qu'une écorce qui cache une vive sensibilité. Dans la lutte sans merci que le Capricorne livre tous les jours à ses instincts, ceux-ci sont à tous les coups perdants... Ce qu'il perd en chaleur humaine, il le gagne en intelligence. Si le dixième signe est celui des très grands hommes d'État, il est aussi celui de Montesquieu, Kepler, Newton, Henri Poincaré... L'humour, cette faculté de se désimpliquer en prenant ses distances avec les gens, les choses et soi-même est signé Capricorne (Talleyrand, Molière, qui s'est dépeint dans le personnage du Misanthrope). L'humour est aussi une défense contre le sentiment... En amour, le Capricorne se met tout entier dans ses passions avec un sérieux, un acharnement, une volonté de conquérir qui, s'il est repoussé, se transforment en rancune tenace. Il est absolument incapable d'aimer à moitié.

Incapable aussi de coquetterie ou de double jeu, il ne peut pas comprendre qu'on le trompe : c'est Alceste, le Misanthrope de Molière, fou furieux contre la trop belle Célimène qui se moque de lui en encourageant une brochette de galants. Amoureux trop passionné, donc trop vulnérable; trop épris d'absolu, donc sans indulgence, il se replie sur lui-même et finit parfois sa vie seul, dans une misanthropie blessée qui prend aussi une forme de misogynie aiguë (d'ailleurs, à la fin du Misanthrope, Alceste finit par envoyer promener Célimène). La pièce de Molière montre aussi le peu de talent qu'a le Capricorne pour séduire les femmes : il croit toujours qu'on attrape les mouches avec du vinaigre. Il estime que les sourires, les grâces et les caresses... sont bien inutiles. Les compliments, idem. Evidemment, les câlins feraient fondre l'iceberg, et un iceberg fondu ça n'a plus beaucoup de tenue... A la limite, il peut même considérer l'amour en soi comme une futilité dangereuse : mais là, on a une espèce d'animal très particulier, le célibataire-né qui ne saurait entrer dans le cadre de cet ouvrage.

Brûlant d'une grande passion qu'il est incapable d'extérioriser, le Capricorne est parfois une sorte de montagne Pelée : ce volcan dont la lave ne peut sortir qu'en explosant. Et alors là, gare à la nuée de cendres qui ravage tout sur son passage ! Beaucoup de grands jaloux sont du Capricorne. Cela s'explique par l'instinct de possession, général chez tous les signes de terre, qui est ici exacerbé par un sentiment de frustration dû à l'hiver ! Le jeune garçon Capricorne est né frustré : il a toujours l'impression que les autres sont plus aimés que lui. Il est impossible de penser qu'Othello ait pu être autre chose que Capricorne. De ce personnage qui a probablement existé, la chronique raconte qu'il était devenu le plus brillant capitaine de la République de Venise. Pour un Africain, il fallait le faire : les blonds Vénitiens du XVe siècle étaient sûrement plus racistes encore que les Européens du XXe... (Seulement, voilà, le mot n'était pas encore inventé!). Othello avait séduit, puis enlevé et épousé la très belle Desdémone, qui devait être la Caroline de Monaco de l'époque. Il finit par la tuer dans un accès de jalousie. N'épousez jamais Othello !

Heureusement, tous les maris Capricorne ne sont pas obligatoirement maures, capitaines et violents. Dans leur volonté délibérée d'échapper aux caprices de la sensibilité, beaucoup savent au contraire se mettre au-dessus des montagnes russes de l'émotion, ce qui donne des hommes calmes, d'humeur égale, se contrôlant bien. Le Capricorne est plutôt un mari conservateur dans ses mœurs. Voyez l'austère Saint-Simon, Pasteur, Adenauer. L'influence de Saturne, planète froide et lente, l'empêche de papillonner. Aussi est-il fidèle, stable, responsable. Il ne prend jamais l'initiative de divorcer. Mais si son ménage va mal, il lui arrive de passer la nuit à son bureau, sur ses dossiers, à travailler (ce qui encourage sa femme à aller se consoler ailleurs). Par orgueil, il refuse de regarder en face les problèmes affectifs de son couple : et lorsque ces sales petites bêtes sont devenues des monstres, il est trop tard pour les mater.

Nous avons l'air d'accabler le Capricorne : s'il est extraordinairement doué pour la vie publique et intellectuelle, sa vie amoureuse est plus difficile. C'est cette queue de poisson qu'il traîne sur le continent qui le rend si malhabile, si maladroit en amour. Pour finir sur une note optimiste : c'est l'ami le plus sûr, le plus dévoué, le plus fidèle que l'on puisse trouver. Mauvais amant, bon ami, il devient intéressant comme mari dans la seconde moitié de l'existence lorsque l'amitié prend l'avantage sur la passion. En somme, il s'améliore tellement en vieillissant qu'on le souhaite presque pour ses vieux jours... Mesdames, préparez vos conserves.

Portrait de la femme Capricrone
On vous parle toujours des fameux signes doubles du zodiaque: Gémeaux Poissons... En réalité, le zoo des étoiles est plein de surprises: bien d'autres signes sont doubles sans en avoir l'air: le Sagittaire, mi-homme mi-cheval, la Balance, avec ses deux plateaux... et le Capricorne, mi-chèvre mi-poisson ! Tout ce qui a été dit plus haut de l'homme Capricorne est aussi vrai, en général, de la femme du même signe. Mais les gens normaux sous-estiment toujours la difficulté d'être un animal qui n'existe pas. A moitié poisson, la femme Capricorne est pourtant un signe de terre. Et une fois dans l'eau, elle aura le plus grand mal à nager, la pauvre chérie, avec ses deux pattes à sabots qui ne sont même pas palmées...

Autrement dit, en amour, les débuts pour elle sont toujours bons. Ensuite, ça marche moins bien, faute de pattes arrière, et l'affaire se termine souvent en queue de poisson... Au début, son instinct de chevrette ne la trompe jamais. Elle aime totalement, sans connaître cette expérience de dédoublement que font les autres femmes. Avoir le corps ici et le cœur ailleurs (ou le contraire!), elle ne le peut pas: elle a infiniment trop de sérieux. Elle tombe immanquablement amoureuse de qui lui fait l'amour, ce qui est assez dangereux. Le contraire est vrai : si elle est amoureuse, elle finit toujours dans le lit de celui qu'elle aime, et là, il faut dire que c'est une amoureuse des plus brillantes. Beaucoup plus brillante que son homologue masculin, étant donné que le signe est féminin. Malgré son aspect froid et distant, elle adore plaire, ce qui est surprenant.

Et puis, ayant consumé toute sa passion dans une suite d'émotions trop intenses, elle se lasse de ses amours. Ayant brûlé tous ses vaisseaux, elle s'ennuie et il est fréquent qu'elle cherche inconsciemment à provoquer la rupture : elle préfère tout casser elle-même pour éviter de trop souffrir. Elle pense qu'il est moins douloureux de partir la première plutôt que d'être quittée... C'est en tout cas moins douloureux pour l'orgueil (et elle en a beaucoup). Si elle est mariée, elle arrive fatalement à un état de tension aiguë entre sa lassitude à l'égard de son mari et le sérieux qu'elle met dans ses devoirs de mère et d'épouse. Pour s'occuper, elle aime le tracassin et s'en invente quand tout va bien. Elle a assez le goût du drame : pas le grand mélo, mais le petit mélo quotidien. Le vrai grand drame affreux, c'est quand il n'y a plus d'argent. Elle ne peut absolument pas vivre sans, et le manque d'argent provoque son départ définitif.

Un grand nombre de femmes Capricorne connaissent ainsi une vie sentimentale en montagnes russes, avec une succession d'amours brûlantes entrecoupées de déserts (qui ne sauraient durer). Chez ces grandes amoureuses, une peur panique d'aimer coexiste avec une envie folle d'aimer. Lorsque la peur panique l'emporte sur l'envie folle, la demi-sirène reste célibataire, et comme il n'y a pas de demi-triton dans le zodiaque, c'est sans espoir... D'autre part, la maternité n'est jamais facile à une Capricorne. Le dixième signe est traditionnellement considéré comme infécond en raison de l'influence de Saturne, planète sèche et stérile.

La maternité étant une activité physique instinctive, charnelle, la pauvre Capricorne est particulièrement défavorisée. Comme elle est très consciencieuse elle fera de grand efforts pour être une mère parfaite, mais cela sentira toujours davantage le devoir que le plaisir et les enfants manqueront de chaleur physique. Il est rare qu'une femme Capricorne donne une impression de chaleur maternelle épanouie. Au fond, cet amalgame de sirène, de chevrette et de femme est très mal à l'aise dans sa peau mi-poil mi-écailles. Elle n'est pas faite pour une condition féminine traditionnelle. Elle n'est vraiment heureuse que si elle peut avoir des responsabilités d'homme, une carrière où sa brillante et lucide intelligence puisse s'employer. La Pompadour, Madame Roland, Charlotte Corday, Ava Gard-ner, Marlène Dietrich, la Grande Elisabeth, Simone de Beauvoir... Toutes ces femmes ont en commun une forte dominante cérébrale, mais aucune ne représente un type de femme chaleureusement maternelle.

Dans la vie quotidienne, cette cérébralité excessive a un avantage remarquable : les femmes Capricorne sont moins sujettes aux dépressions que les femmes très affectives. Elles se contrôlent bien mieux... mais elles ne se sentent pas toujours non plus l'obligation d'être aimables. Enfin, on leur pardonne tout à cause de leur humour incisif, qui fait la joie de leur entourage. Ajoutons qu'elles sont loyales, détestent le mensonge et le compromis, ce qui en fait d'excellentes amies.

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